Par Lokombe Nkalulu, Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
Depuis plus de trente ans, la République Démocratique du Congo vit une tragédie humaine d’une ampleur rarement égalée. À l’Est du pays, des millions de Congolais ont été victimes de massacres, de déplacements forcés, de violences sexuelles, et d’atrocités sans nom. Et pourtant, face à cette tragédie, le silence du monde a été assourdissant.
Pourquoi ce mutisme international ? Parce que cette région, aussi meurtrie soit-elle, regorge de richesses naturelles précieuses : coltan, or, cobalt, terres rares… Des ressources convoitées par les grandes puissances et les multinationales, au nom de leurs intérêts économiques. Pendant que le sang coulait, les contrats s’accumulaient. Pendant que les populations pleuraient leurs morts, les marchés prospéraient.
Ce silence n’est pas un oubli. C’est un choix. Celui de l’indifférence face à la souffrance d’un peuple. Celui du profit avant l’humanité.
Mais aujourd’hui, alors que la situation ne cesse de s’aggraver, il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Il est temps de rompre avec trente ans de complaisance. Il est temps de revoir ces accords signés dans l’ombre, au mépris de la justice et des droits humains.
Le peuple congolais mérite mieux. Il mérite la paix, la dignité, la reconnaissance de ses douleurs et la fin de l’impunité. Il mérite que le monde ouvre enfin les yeux — non pas pour extraire, mais pour écouter ; non pas pour exploiter, mais pour réparer.
Car la vraie indépendance ne se mesure pas à l’abondance des ressources, mais à la capacité d’un peuple à vivre libre, digne, et respecté
