Dans la République démocratique du Congo, le terme « Kuluna à cravate » est utilisé pour désigner ces politiciens ou responsables qui détournent les deniers publics tout en restant protégés par leur position et leur statut. Ces individus, bien que commettant des crimes économiques majeurs qui appauvrissent le pays et freinent son développement, échappent souvent à toute forme de condamnation.
Paradoxalement, les petits voleurs, ceux qui commettent des délits mineurs pour survivre, subissent une justice implacable, allant parfois jusqu’à des condamnations à mort. Une telle inégalité interpelle : comment un système judiciaire peut-il punir avec sévérité les plus vulnérables tout en laissant les grands prédateurs économiques en liberté ?
Cette situation met en lumière une justice à deux vitesses, où les puissants jouissent d’une impunité scandaleuse tandis que les plus faibles sont écrasés par un système partial. Il est impératif de réformer la justice congolaise pour qu’elle ne soit pas un outil au service des intérêts des élites, mais qu’elle serve l’équité et protège les droits de tous les citoyens, sans distinction.
Une véritable justice doit être impartiale et courageuse. Elle doit s’attaquer à ceux qui pillent les richesses du pays avec autant de rigueur qu’à ceux qui commettent des délits mineurs. Car une société où la justice n’est pas équitable est une société vouée à l’instabilité et à l’injustice permanente.
Lokombe Nkalulu
Rédacteur en chef du Magazine Afriqu’Europe
