La ville de Goma, en plein cœur du Nord-Kivu, est de nouveau ensanglantée par une attaque d’une brutalité inouïe. Des massacres, des pillages systématiques, des populations contraintes à la fuite… Et pourtant, un silence assourdissant entoure les véritables coupables de ce crime.
Ne nous trompons pas d’ennemis. Les auteurs de cette guerre ne sont pas seulement les mercenaires visibles sur le terrain. Derrière eux, dans l’ombre, se cachent des puissances bien plus grandes : les Démocrates américains, l’Union européenne, la France, l’Angleterre, le Rwanda, le Kenya et l’Ouganda. Tous, sans exception, ont une part de responsabilité dans cette catastrophe.
Le véritable enjeu, ce n’est pas la géopolitique classique. Ce sont les « 3T » (tantale, tungstène, étain), des minerais indispensables à la fabrication des semi-conducteurs. Ce sont ces ressources stratégiques qui alimentent la guerre et non un quelconque conflit ethnique ou un simple affrontement régional. La RDC est pillée, ses richesses volées, et son peuple massacré pour servir les intérêts économiques et industriels des grandes puissances.
Nous devons refuser le silence et l’hypocrisie. Nommons les vrais coupables. L’Occident et ses alliés africains ne peuvent plus cacher leur implication derrière de simples discours diplomatiques. Les faits sont là : la guerre à l’Est du Congo est une guerre de pillage, une guerre économique menée sous couvert d’alliances stratégiques et de prétendues opérations de stabilisation.
Le peuple congolais ne peut plus se contenter d’être spectateur de son propre malheur. Nous devons exiger des comptes, réclamer des sanctions réelles contre les États et les multinationales impliqués, et faire entendre la vérité sur la scène internationale.
Il est temps d’ouvrir les yeux. L’ennemi n’est pas seulement celui qui tient l’arme, mais aussi celui qui finance, organise et profite du chaos. Le silence n’est plus une option.
Lokombe Nkalulu
Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
