Dans un discours empreint de conviction et de références à la destinée, Dansa Kourouma a tenu à défendre sa candidature tout en revenant sur le rôle et les mérites des membres du Conseil national de la transition (CNT). À travers une prise de parole aux accents à la fois politiques et philosophiques, il a insisté sur la nécessité de reconnaître le travail accompli par les acteurs de la transition, tout en ouvrant le débat sur les modalités de leur désignation future.

Selon lui, le parcours politique et les responsabilités publiques ne relèvent pas uniquement d’ambitions personnelles ou de compétitions électorales, mais s’inscrivent parfois dans une dynamique plus large, qu’il qualifie de « destinée ». Dans cette perspective, Dansa Kourouma a soutenu que la vie, dans ses différentes trajectoires, obéit souvent à des circonstances et à des opportunités qui dépassent les calculs individuels.
« La vie est une question de destinée », a-t-il laissé entendre, suggérant que certaines responsabilités peuvent s’imposer à des individus au regard de leur engagement, de leur expérience ou encore du contexte national. Une déclaration qui apparaît, pour certains observateurs, comme une manière de justifier son engagement politique et de légitimer sa volonté de poursuivre un rôle dans les affaires publiques.
Par ailleurs, le président du CNT a tenu à rendre hommage aux membres de l’institution pour les efforts consentis depuis le début de la transition. Il a estimé que ces derniers devraient être célébrés pour le travail réalisé dans un contexte souvent complexe, marqué par des attentes fortes en matière de réformes institutionnelles, de stabilité politique et de refondation de l’État.
Dansa Kourouma a notamment mis en avant les sacrifices, les débats et les décisions assumées par les conseillers nationaux au cours de leur mission, considérant que leur contribution à la conduite de la transition mérite davantage de considération dans le débat public. Selon lui, le CNT a joué un rôle déterminant dans l’accompagnement des réformes et dans la consolidation des bases institutionnelles du pays.
Abordant ensuite la question de l’avenir des membres du CNT, il a évoqué l’idée selon laquelle leur désignation pourrait, dans certaines circonstances, ne pas nécessairement passer par un processus électoral classique. À cet effet, il a établi un parallèle avec certaines fonctions parlementaires ou politiques qui, selon les contextes institutionnels, peuvent être attribuées sans compétition électorale directe.
Dans cette logique, il a estimé qu’il pourrait être envisageable que les membres du CNT soient choisis ou reconduits selon un mécanisme de désignation spécifique, sans nécessairement être soumis à une élection. Une proposition qui ne manquera sans doute pas d’alimenter les débats politiques, notamment autour des principes de représentativité, de légitimité démocratique et d’inclusivité institutionnelle.
Toutefois, une telle perspective pourrait également susciter des interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique, certains estimant que toute transition démocratique doit idéalement conduire à un retour progressif vers des institutions issues du suffrage populaire. D’autres, en revanche, pourraient considérer qu’une continuité institutionnelle est parfois nécessaire pour préserver les acquis d’une transition et garantir la stabilité.
Ainsi, les déclarations de Dansa Kourouma interviennent dans un contexte où les discussions sur l’avenir institutionnel du pays demeurent particulièrement sensibles. Entre reconnaissance du travail accompli et débats sur les mécanismes de gouvernance future, ses propos contribuent à nourrir une réflexion plus large sur l’équilibre entre continuité politique, stabilité institutionnelle et exigences démocratiques.
Par Abdoul Bah Rahaman du magazine Afriqu’Europe
