Alors que l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à une escalade de violence, l’Union européenne a fini par imposer des sanctions contre plusieurs responsables congolais et rwandais. Une décision tardive mais significative, qui marque un tournant dans l’approche de Bruxelles face à cette crise.
Un réveil tardif de l’Union européenne
Pour Thierry Mariani, député européen, l’UE a longtemps hésité à reconnaître l’implication du Rwanda et du M23 dans le pillage des ressources congolaises. « Même l’ONU a fini par l’admettre dans une résolution. La vraie question est de savoir pourquoi avoir attendu aussi longtemps », souligne-t-il. Il pointe du doigt une « sympathie historique » de l’UE envers Kigali, qui aurait bénéficié d’un certain laxisme diplomatique.
Des sanctions symboliques ou un réel levier ?
Parmi les mesures adoptées, l’interdiction des transactions avec Gazebo Gold Refinery, principale raffinerie de minerais utilisée par le Rwanda, envoie un message clair à Paul Kagame. Mariani reste néanmoins prudent quant à leur efficacité immédiate, mais considère qu’il s’agit d’un premier avertissement : « Vous êtes démasqué. Si vous voulez retrouver votre image, vous devez quitter la RDC. »
Quel impact sur les négociations de paix ?
Certains estiment que ces sanctions ont compromis les pourparlers entre Kinshasa et le M23 à Luanda. Une vision que Mariani rejette catégoriquement : « Le M23 est un groupe terroriste soutenu par le Rwanda. La souveraineté d’un pays n’est pas négociable. » Selon lui, la communauté internationale ne peut plus feindre d’ignorer cette réalité.
L’UE complice malgré elle ?
En février 2024, Bruxelles et Kigali ont signé un accord sur l’approvisionnement en matières premières. Un pacte que Mariani juge irresponsable, affirmant qu’il a alimenté la guerre. « Cet accord ne garantit rien. J’espère qu’il sera abandonné, même s’il n’a pas encore été officiellement dénoncé », déclare-t-il.
Vers des sanctions contre Paul Kagame ?
L’UE ira-t-elle plus loin ? Mariani n’exclut pas de futures sanctions visant directement le président rwandais. « Lorsque la Russie a attaqué l’Ukraine, nous avons sanctionné ses dirigeants. Aujourd’hui, nous savons qui est derrière ce conflit. Si le pillage et les massacres continuent, il faudra sanctionner l’instigateur principal – et tout le monde sait de qui il s’agit. »
Alors que les tensions persistent, l’Europe osera-t-elle aller jusqu’au bout de sa démarche ? Les prochaines semaines seront décisives.
Mae
