Issu d’une lignée prestigieuse, Albéric Ruzette est né dans un environnement profondément enraciné dans les traditions administratives et politiques de la Belgique. Fils de Léon Ruzette, ancien gouverneur de la Flandre-Occidentale et petit-fils de Félix d’Anethan, député de la province du Luxembourg, il hérite en 1901 du titre de baron. En 1892, il épouse Berthe van Caloen de Basseghem, avec laquelle il aura onze enfants, assurant une descendance nombreuse et influente, présente jusqu’à ce jour dans les sphères diplomatiques, militaires et juridiques du pays.
Après des études secondaires à Ypres, Bruges et Tournai, Albéric Ruzette entreprend des études de droit à l’Université catholique de Louvain. Il s’installe comme avocat à Bruges dès 1890 et s’illustre par son engagement précoce dans la vie associative estudiantine, notamment à travers la fondation du cercle « Moeder Brugse ».
Sa carrière politique débute en 1892, lorsqu’il est élu conseiller provincial de Flandre-Occidentale. Il multiplie les engagements : président de la Gilde des Métiers, fondateur de la Voorwacht catholique et membre actif dans les commissions sanitaires provinciales. Son rôle dans la Confrérie du Saint-Sang de Bruges témoigne aussi de son attachement aux traditions religieuses locales.
En 1902, il devient député, puis gouverneur de Flandre-Occidentale de 1907 à 1912. À ce poste, il joue un rôle central dans le développement du port de Zeebruges, un chantier stratégique pour l’économie belge, tout en défendant ardemment les intérêts de la pêche maritime.
Son retour à la Chambre en 1912, à la suite d’un duel politique intense contre Florimond Fonteyne, marque un tournant. Il y siège brièvement avant de rejoindre le Sénat, où il restera jusqu’à sa mort. Durant la Première Guerre mondiale, il refuse l’exil et œuvre au sein du Comité national de secours et d’alimentation à Bruges.
Après la guerre, son influence politique s’accroît. Il devient ministre de l’Agriculture (1918-1921), puis ministre de l’Agriculture et des Travaux publics (1921-1925). Il est alors considéré comme l’un des piliers du gouvernement, contribuant à la reconstruction du pays.
Figure respectée et admirée, Albéric Ruzette meurt dans la nuit précédant les élections législatives du 25 mai 1929, auxquelles il figurait comme tête de liste au Sénat. Il sera néanmoins élu à titre posthume, ultime reconnaissance d’une vie consacrée au service public et à la prospérité du royaume.
Lokombe Nkalulu Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
