Dans un monde où les rapports de force dictent la diplomatie, certains États osent défier les grandes puissances pour protéger leurs intérêts nationaux. L’exemple récent de la République d’Afrique du Sud (RSA) face aux États-Unis en est une parfaite illustration.
Suite aux accusations portées contre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI) pour le massacre de femmes et d’enfants, la condamnation du Premier ministre Benyamin Netanyahou a provoqué l’ire de Washington. À l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le président américain a exprimé son mécontentement en sanctionnant la RSA : suspension des 320 millions de dollars d’aide annuelle.
Une riposte économique immédiate et stratégique
Face à cette tentative de pression, Pretoria n’a pas tremblé. La réaction du président Cyril Ramaphosa a été ferme et rapide :
- Interdiction des entreprises américaines en Afrique du Sud, privant les États-Unis de 28 milliards de dollars annuels générés par leurs activités sur le territoire sud-africain.
- Fin de l’exploitation des minéraux stratégiques par les États-Unis, touchant un secteur clé de l’industrie américaine.
Cette décision courageuse démontre qu’un État souverain peut et doit défendre ses intérêts face à toute ingérence étrangère.
Et nous, qu’attendons-nous pour agir ?
Si l’Afrique du Sud a su répondre avec fermeté, qu’en est-il de nous ? Pourquoi la République Démocratique du Congo, et plus largement l’Afrique francophone, ne riposte-t-elle pas face aux ingérences et aux intérêts étrangers qui exploitent nos ressources et influencent nos politiques ?
Ne serait-il pas temps de suspendre les activités des multinationales françaises qui profitent de nos richesses tout en maintenant un rapport néocolonial avec nos États ? Pourquoi ne pas interdire :
Bolloré, qui contrôle nos infrastructures stratégiques ;
Canal+, qui impose son monopole médiatique ;
France 24 et RFI, qui façonnent l’opinion publique africaine selon leurs intérêts ;
L’Union Européenne, dont les accords commerciaux ne servent qu’à renforcer notre dépendance ?
Un réveil nécessaire pour une Afrique souveraine
L’Afrique ne pourra s’émanciper qu’en adoptant des politiques courageuses et indépendantes, à l’image de l’Afrique du Sud. L’exemple sud-africain doit nous inspirer : nous avons les ressources, le potentiel et le poids diplomatique pour inverser les rapports de force. Mais pour cela, nos dirigeants doivent faire preuve de la même détermination que ceux qui, ailleurs, osent défendre leur nation avec fermeté.
Il est temps que l’Afrique cesse de plier et commence à imposer ses propres règles.
Lokombe Nkalulu
Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
