Lors de la conférence organisée autour du Salon International de l’Immobilier Africain de Bruxelles (SIAB 2026) à Brussels, la question de la sécurisation des acquisitions foncières en Afrique a occupé une place centrale dans les échanges entre professionnels du secteur immobilier, investisseurs et experts juridiques. Parmi les interventions remarquées, celle de Alain Muluwayi a apporté un éclairage particulièrement pertinent sur les défis et les précautions à prendre lors de l’achat de terrains relevant du régime coutumier.
Dans de nombreux pays africains, le foncier coutumier représente une part importante des terres disponibles. Ces terres, généralement gérées par des autorités traditionnelles ou communautaires, constituent souvent une opportunité d’investissement pour les particuliers comme pour les promoteurs immobiliers.
Toutefois, leur acquisition nécessite une vigilance particulière afin d’éviter les litiges et garantir la sécurité juridique de la transaction.
Selon M. Alain Muluwayi, la première étape essentielle consiste à procéder à une vérification approfondie de la propriété du terrain. Il est indispensable de s’assurer que la personne ou l’autorité coutumière qui propose la vente dispose effectivement du droit de céder la parcelle. Cette démarche passe notamment par la consultation des chefs coutumiers reconnus, des autorités locales et, lorsque cela est possible, des services administratifs en charge du cadastre ou des affaires foncières.
L’expert insiste également sur l’importance de formaliser toute transaction par des documents écrits et reconnus par l’administration.
« Un accord verbal ou une simple reconnaissance traditionnelle ne suffit pas toujours à garantir la sécurité de l’acheteur », rappelle-t-il. Pour cette raison, il est vivement recommandé de faire enregistrer la transaction auprès des autorités compétentes et, dans la mesure du possible, d’obtenir un titre foncier ou un certificat officiel attestant de la propriété.
Par ailleurs, la présence de témoins légitimes issus de la communauté locale et la validation de l’acte par les autorités administratives peuvent contribuer à renforcer la crédibilité et la solidité juridique de l’opération. Dans certains cas, l’accompagnement par un notaire, un juriste ou un spécialiste du droit foncier peut également s’avérer déterminant pour sécuriser l’investissement.
Au-delà des aspects juridiques, M. Alain Muluwayi souligne aussi l’importance du dialogue et du respect des structures traditionnelles. Dans plusieurs régions du continent, la gestion du foncier demeure étroitement liée aux traditions et à l’organisation sociale des communautés. Une approche respectueuse et transparente favorise non seulement la réussite de la transaction, mais aussi l’intégration harmonieuse du projet immobilier dans son environnement local.
À travers ces recommandations, l’intervention de M. Alain Muluwayi rappelle que l’investissement immobilier en Afrique, bien que porteur d’importantes opportunités, nécessite une préparation rigoureuse et une compréhension approfondie des réalités foncières locales. Dans un contexte où le développement urbain s’accélère sur le continent, la sécurisation des acquisitions foncières apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour garantir la confiance des investisseurs et soutenir un développement immobilier durable.
Par Lokombe Nkalulu Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
