Par Lokombe Nkalulu, Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
La République Démocratique du Congo (RDC) est un géant aux pieds d’argile. Riche en ressources naturelles et dotée d’un immense potentiel humain, elle demeure pourtant prisonnière d’un manque criant d’innovation scientifique et d’une diplomatie stratégique inefficace.
Aujourd’hui, alors que le monde évolue à une vitesse fulgurante dans les domaines scientifiques et technologiques, la RDC peine à suivre le rythme. L’absence d’un cadre structuré pour encourager la recherche, l’innovation et la transformation des ressources nationales en produits finis maintient le pays dans une dépendance économique. Pire encore, sur le plan diplomatique, nos représentants à l’étranger sont majoritairement des fonctionnaires aux ambitions limitées, alors que la situation exige de véritables lobbyistes capables de promouvoir les opportunités du pays, d’attirer des investisseurs et de défendre nos intérêts avec vigueur.
Un pays pillé sous nos yeux
« Le Congo est mort », entend-on souvent dire. Cette phrase ne signifie pas une disparition physique, mais plutôt une dégradation profonde due à l’absence de vision stratégique. Une grande partie du sous-sol et du territoire national est déjà vendue. Pendant que certains se battent pour l’avenir, d’autres bradent nos richesses sans aucune planification à long terme.
Comme l’a souligné Jeannot Bemba Saolona, « On ne peut pas amener les ennemis là où le père cherche l’argent pour nourrir ses enfants. » Cette mise en garde est plus que jamais d’actualité : nous ne pouvons plus nous permettre de rester passifs pendant que nos ressources disparaissent sous nos yeux.
L’exemple européen est parlant : face à la crise énergétique provoquée par la Russie, l’Union européenne a immédiatement réagi en planifiant la fin de sa dépendance au gaz russe d’ici 2027. De même, face aux défis sécuritaires, les Européens ont décidé de créer leur propre armée, mobilisant 900 milliards d’euros pour assurer leur souveraineté. Pourquoi la RDC ne pourrait-elle pas faire de même en matière de gestion de ses ressources et de développement scientifique ?
Nous devons sortir de notre sommeil et exiger un éveil de conscience collective. Si nous continuons à fermer les yeux, nous risquons de devenir de simples spectateurs de notre propre effondrement.
Quelle mission pour nos ambassadeurs-lobbyistes ?
La RDC doit repenser son approche diplomatique. Nos représentants à l’étranger ne doivent plus être de simples observateurs, mais des acteurs engagés dans la défense des intérêts nationaux. Leur mission devrait inclure :
La renégociation des accords léonins qui bradent nos ressources.
L’obtention de meilleures conditions pour garantir que les richesses nationales profitent d’abord aux Congolais.
L’exploration de nouveaux secteurs pour diversifier notre économie au-delà des matières premières.
L’heure n’est plus à la passivité. L’avenir de la RDC dépend de notre capacité à innover, à défendre nos ressources et à mettre en place une diplomatie forte et stratégique.
L’enjeu est de taille : reprendre le contrôle de notre destin avant qu’il ne soit trop tard.
Qu’en pensez-vous ? La RDC doit-elle exiger une refonte totale de sa diplomatie et de son approche en matière d’innovation ?
MAE
