La cohésion au sein de l’Union Sacrée de la Nation (USN) semble être mise à rude épreuve. Des tensions grandissantes émergent entre certains de ses hauts cadres, mettant en lumière des divergences de plus en plus difficiles à contenir. Au cœur de la tempête, un duel verbal et politique oppose Modeste Bahati Lukwebo, figure influente de la majorité, à André Mbata, secrétaire permanent de l’USN.
Une dénonciation sans équivoque
Modeste Bahati n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive autoritaire et une posture mégalomaniaque de la part d’André Mbata. Selon lui, ce dernier chercherait à imposer son influence au sein de l’USN, s’arrogeant des prérogatives qui ne lui reviennent pas et fragilisant ainsi l’équilibre de la plateforme présidentielle.
« Il est inacceptable qu’un individu, fût-il secrétaire permanent de l’USN, tente de s’ériger en maître absolu, dictant sa loi sans concertation et au mépris des principes de gouvernance démocratique », aurait confié un proche de Bahati, illustrant le climat de frustration qui règne dans les coulisses du pouvoir.
Un malaise grandissant au sein de l’USN
L’USN, plateforme politique censée assurer une gouvernance harmonieuse sous la présidence de Félix Tshisekedi, semble être en proie à des luttes internes qui fragilisent son unité. Plusieurs cadres dénoncent un manque de concertation et une volonté de certains de s’accaparer le leadership sans tenir compte des dynamiques internes.
Pour Modeste Bahati, qui prône une gestion inclusive et collégiale, les agissements d’André Mbata risquent non seulement de diviser l’USN, mais aussi d’envoyer un mauvais signal aux alliés et aux électeurs, qui attendent des résultats concrets plutôt que des querelles de positionnement.
Quelles conséquences pour la majorité présidentielle ?
Alors que le président Félix Tshisekedi cherche à consolider son pouvoir en vue des défis majeurs qui attendent la RDC, cette tension interne pourrait affaiblir l’unité de sa majorité et compliquer la mise en œuvre de son programme. L’opinion publique observe avec attention cette montée des tensions, qui, si elle n’est pas maîtrisée, pourrait affecter la stabilité politique du pays.
L’issue de ce bras de fer dépendra de la capacité des acteurs concernés à privilégier l’intérêt général plutôt que des ambitions personnelles. L’heure est à l’apaisement et à la responsabilité, afin que l’USN demeure un cadre politique solide au service des aspirations du peuple congolais.
Lokombe Nkalulu Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
