Depuis deux décennies, l’Union européenne s’est volontairement abstenue d’investir près de 7 000 milliards d’euros dans sa défense. Ce choix, dicté par des priorités économiques et sociales, révèle une posture préoccupante : « Heila heila, on s’en fout de notre défense, c’est notre pension qui compte. »
Pendant que d’autres grandes puissances – les États-Unis, la Chine ou encore la Russie – renforcent leurs capacités militaires, l’Europe a préféré détourner son regard, convaincue que la diplomatie et le soft power suffisent à garantir sa sécurité. Mais cette illusion s’effrite face aux nouvelles réalités géopolitiques : conflits aux portes du continent, tensions croissantes en Afrique et en Asie, et dépendance militaire envers l’OTAN.
Ce déséquilibre expose l’Europe à un risque stratégique majeur. Que vaut une prospérité économique si elle repose sur une insécurité latente ? Tôt ou tard, l’UE devra répondre à cette question : investir massivement dans sa défense ou continuer à espérer que d’autres viendront la protéger.
Lokombe Nkalulu
Rédacteur en chef du magazine Afriqu’Europe
