Professeur des Universités, député national, l’honorable André Mbata a été Premier vice-président de l’Assemblée nationale de la RDC pendant la législation qui vient de s’achever. En cette qualité, c’est lui qui dirigeait la diplomatie parlementaire du pays.
Et c’est pendant sa direction que la diplomatie parlementaire a connu un regain d’efficacité et de présence sur l’échiquier international, au point que presque tous les parlements du continent, de l’Europe et du monde ont eu à comprendre un peu plus les réalités de la guerre d’agression que la République Démocratique du Congo est victime de la part du Rwanda.
C’est également avec le professeur André Mbata que les parlementaires occidentaux se sont rendus compte de la complicité de leurs gouvernements respectifs avec le Président rwandais Paul Kagame, dont les troupes pillent les minerais de la RDC, massacrent des populations et violent des femmes à l’Est de ce pays.
Si aujourd’hui, l’heure est aux condamnations du Rwanda, la RDC par la voix audible du Professeur Mbata exige désormais des sanctions contre le sanguinaire Kagame.
Grâce au Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, on peut affirmer que la diplomatie parlementaire congolaise a effectivement obtenus des résultats notables. Mention spéciale donc au professeur André Mbata pour sa perspicacité. Une raison de plus de le garder à ce poste, en vue le permettre de consolider les acquis. Aussi, l’homme a un franc-parler et des arguments pour convaincre facilement son auditoire, mais également ses interlocuteurs. C’est important.
- Pour ou contre la modification de la constitution
Sur cette question qui semble soulever beaucoup de passions, le Professeur André Mbata a aujourd’hui une position nette et claire.
En sa qualité d’enseignant de Droit et d’expert constitutionnaliste, ce député nationale pense que, après 18 ans de vie, la Constitution de la République Démocratique du doit être retouchée, en vue, primo, de l’adapter au contexte socio-politique actuel du pays ; secundo, élaguer certaines dispositions qui empêchent le fonctionnement harmonieux de l’Etat.
Au cours d’un colloque organisé à Kinshasa par des intellectuels congolais, à l’occasion des 18 ans d’existence de la Constitution de la RDC, le professeur André Mbata avait, dans son exposé, énuméré un certain nombre des dispositions qui ne cadrent plus avec les réalités du moment. À titre d’exemple, l’article sur la nationalité qui consacre l’exclusivité de la nationalité congolaise, et interdit sa détention concurremment à une autre. Pour le professeur André Mbata, il s’agit d’une aberration que de priver un citoyen congolais de père et de mère de sa nationalité d’origine, au motif qu’il a acquis une autre pour des raisons par exemple d’études ou de travail.
Un autre argument avancé par ce professeur pour appuyer sa position, c’est l’instabilité des gouverneurs de provinces qui, pour des raisons mineures, sont déchus par les députés provinciaux. Pour y mettre fin, on doit revoir le mode de désignation des gouverneurs pour la stabilité des provinces. Avant de le faire, la constitution devra préalablement être retouchée. Il s’agit également de la durée du mandat du Président de la République, ainsi que de la possibilité de supprimer d’autres institutions, devenues inutilement budgétivores aujourd’hui.
À en croire une étude sur les finances publiques de la République Démocratique du Congo, l’Etat consacrerait 87% de son budget au fonctionnement des institutions et au payement des salaires des dirigeants ainsi que des fonctionnaires.
Seuls 13% du budget sont affectés pour financer le développement du pays. Encore que c’est dans les 13% que tous les vautours et autres prédateurs viennent puisser. À ce rythme, il est quasi impossible d’espérer se développer un jour.
Lokombe Nkalulu/Redacteur en chef Afriqu’Europe Magazine
