L’indétrônable numéro deux de Mamadi Doumbouya : un parcours entre engagement citoyen, transition institutionnelle et nouvelle responsabilité républicaine
À l’heure où la Guinée ouvre une nouvelle page de son histoire institutionnelle, un nom s’impose avec une singulière constance dans le paysage politique national : Dr Dansa Kourouma.
Ancien acteur majeur de la société civile et président du Conseil national de la transition (CNT), il a franchi, le 17 juillet 2026, une nouvelle étape de son parcours politique en étant élu président de la nouvelle Assemblée nationale guinéenne, à l’occasion de l’installation de la première législature de la Ve République.
De la société civile au cœur des institutions
Le parcours de Dansa Kourouma constitue l’un des itinéraires les plus singuliers de la scène publique guinéenne. Médecin de formation, il s’est progressivement imposé comme une figure importante de la société civile, notamment à travers ses responsabilités au sein du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG).
Son expérience dans les domaines de la gouvernance, de la participation citoyenne et des processus électoraux lui a permis de construire une stature qui dépasse progressivement le cadre associatif pour rejoindre celui des institutions de l’État.
En janvier 2022, il est nommé à la tête du Conseil national de la transition, organe législatif de la période de transition ouverte après le 5 septembre 2021.
Pendant près de quatre annĂ©es, il prĂ©side cette institution dans une pĂ©riode particulièrement sensible de l’histoire politique guinĂ©enne, marquĂ©e par les rĂ©formes institutionnelles, le processus constitutionnel et les dĂ©bats sur l’avenir politique du pays.
Une fidélité institutionnelle qui interpelle
Son accession Ă la prĂ©sidence de l’AssemblĂ©e nationale constitue dĂ©sormais un tournant majeur.
Le 17 juillet 2026, lors de la session inaugurale de la première lĂ©gislature de la Ve RĂ©publique, les dĂ©putĂ©s l’ont Ă©lu prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale. Il devient ainsi l’une des principales figures institutionnelles de la nouvelle architecture politique guinĂ©enne.
Cette trajectoire alimente naturellement les commentaires politiques. Certains y voient la consĂ©cration d’un homme qui a su traverser les diffĂ©rentes sĂ©quences de la vie publique guinĂ©enne sans disparaĂ®tre des radars institutionnels.
D’autres y voient surtout la continuitĂ© d’une vision politique portĂ©e par les autoritĂ©s de la transition.
Mais au-delà des lectures partisanes, une réalité demeure : Dansa Kourouma est désormais appelé à transformer son expérience de la transition en responsabilité parlementaire durable.
Du temps de la transition au temps de la République
La nouvelle fonction change profondément la nature de sa mission.
Ă€ la tĂŞte de l’AssemblĂ©e nationale, il ne s’agit plus seulement d’accompagner une transition ou de participer Ă la construction d’un nouvel ordre institutionnel. Il s’agit dĂ©sormais de faire vivre une institution parlementaire appelĂ©e Ă reprĂ©senter la diversitĂ© de la nation, Ă lĂ©gifĂ©rer et Ă exercer ses responsabilitĂ©s constitutionnelles.
L’AssemblĂ©e nationale indique que son mandat est fixĂ© Ă cinq ans et que sa mission sera notamment de conduire les travaux de cette première lĂ©gislature de la Ve RĂ©publique.
Cette nouvelle responsabilitĂ© impose donc une posture diffĂ©rente : celle de l’Ă©quilibre, de l’Ă©coute, du dialogue et de la hauteur rĂ©publicaine.
Un homme, une trajectoire, un défi
Dansa Kourouma apparaît ainsi comme un personnage politique dont le parcours raconte, à lui seul, une partie des mutations de la Guinée contemporaine.
De la sociĂ©tĂ© civile aux couloirs du pouvoir lĂ©gislatif, de l’engagement citoyen Ă la prĂ©sidence du CNT, puis aujourd’hui au perchoir de l’AssemblĂ©e nationale, son itinĂ©raire illustre la capacitĂ© de certains acteurs Ă Ă©voluer avec les transformations politiques de leur pays.
Mais cette ascension constitue également une responsabilité.
Car l’histoire retiendra moins les titres successifs que la manière dont ils auront Ă©tĂ© exercĂ©s.
La vĂ©ritable question qui s’ouvre dĂ©sormais devant le nouveau prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale est donc celle-ci : saura-t-il transformer son expĂ©rience de la transition en une culture parlementaire fondĂ©e sur le dialogue, l’Ă©quilibre institutionnel et l’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur de la GuinĂ©e ?
Une nouvelle page à écrire
Dans une Afrique oĂą les transitions politiques interrogent encore profondĂ©ment la relation entre pouvoir, institutions et citoyens, la trajectoire de Dansa Kourouma mĂ©rite d’ĂŞtre observĂ©e avec attention.
Son parcours est celui d’un homme qui a commencĂ© dans la sociĂ©tĂ© civile et qui se retrouve aujourd’hui au cĹ“ur de l’appareil institutionnel.
De la contestation citoyenne Ă la responsabilitĂ© d’État, le chemin est long. De la transition Ă la RĂ©publique, le dĂ©fi est encore plus grand.
La GuinĂ©e entre dans une nouvelle sĂ©quence. Et au perchoir de son Parlement, Dansa Kourouma devra dĂ©sormais dĂ©montrer que l’expĂ©rience de la transition peut devenir une force au service de la stabilitĂ©, du dialogue national et de la consolidation des institutions rĂ©publicaines.
Par la rédaction du Magazine Afriqu’Europe
